Louve en cage.

Publié le par Maman louve (LaSeve)

Cela fait déjà des semaines que j'ai envie de poster un billet, mais me voici redevenue celle qui a peur de déranger. Alors ça fait des semaines que je repousse l'acte, que j'étale sur brouillons chiffonnés le résultat de tant de sentiments entremêlés. C'est bon pour la production d'écrit, ça remet en selle et le crayon en main... Mais ça empêche aussi de dormir, de se poser, de prendre du recul.

 

Cyclothymique ? J'ai de nouveau perdu en légèreté et en lâcher prise, me suis enfoncée tête la première comme par réflexe et là, paf dans la gueule... mes miroirs qui tirent la sonnette d'alarme les uns après les autres... Mon corps qui dit attention parce que ma tête ne veut pas l'entendre.

 

J'ai relu le post précédent, et ça me ronge d'être à nouveau du côté du verre à moitié vide, celui qui fait semblant d'être à moitié plein. Oui je vous demande pardon mes tous proches, mon homme, mes enfants, ma Sista, mes ami(e)s proches parce que je n'arrive pas à dire à temps que je ne vais bien. Je n'arrive pas à appeler, je me cache, je me prépare à l'hibernation...  Alors me voici à me morfondre, revivant une énième fois ces foutues angoisses d'une paralysée de la vie simple.

 

La rentrée a été tellement attendue pourtant... Enfin titulaire, enfin posée. Me voici "responsable" d'un groupe classe complètement azimuté, perdu dans les méandres sociaux, médicaux, les rejets divers et variés, les problématiques à la chaîne qui me font oublier que je ne suis que celle qui doit essayer de les réconcilier un peu avec l'école... mais je n'arrive pas à y exercer mon métier comme je le voudrais. Le complexe impossible de vouloir sauver tout et tout le monde qui me rattrape encore une fois. Je sais que je combats l'impossible, mais c'est mon moteur.

 

Et la colère sous jacente, comme des braises mal éteintes qui couvaient depuis longtemps et qui se ravivent jusqu'à me brûler en dedans. Les démons de mon fiston qui se rappellent à moi ces derniers temps, les rendez-vous spécialistes pour ma grande, l'hôpital de Créteil qui m'insupporte. Le retour des deuils que l'on croit avoir fait un jour alors qu'en fait on ne cesse jamais d'apprendre à vivre avec, du moins on essaye.

 

L'autre côté de l'arbre généalogique n'a rien d'appaisant, confiance anéantie, dialogue quasi inexistant ou l'art de l'éviction de toute discussion. Ca tombe bien, j'ai rien envie de leur dire en fait à mes parents. Mais je sens encore leur emprise sur moi parfois et ça me déclenche un urticaire des sentiments ambilavents.

 

Je voudrais rayer du dico les "il faut", "je dois", "c'est comme ça", "j'ai pas le choix" etc...

 

Je suis la première à dire aux autres que le possible est partout, que la volonté et le courage y sont pour beaucoup, l'entourage aussi. Marre d'être la lanterne sur le chemin des autres alors que je perds à nouveau le mien.

 

(Pause à caractère informatif : inutile de composer le 15 parce que qq'un aurait la trouille en lisant ces qq mots, je suis pas bien, pas nette, folle même si vous voulez... mais les pieds bien sur Terre, c'est d'ailleurs ça le dilemne)

 

Bref, le ras bol, la fatigue, la solitude et la répétition de journées de dingues m'ont fait poser un genou. Mais avec les années et la vieillitude qui me guettent, je sais le reconnaître et je tiendrai bon Encore. Et encore.

 

"J'adore la liberté ; j'abhorre la gêne, la peine, l'assujettissement."- Rousseau (Les Confessions)

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