Une lecture pour méditer...

Publié le par Maman louve (LaSeve)

Il y a deux mois, alors que Noa était dans sa chambre d'hôpital sortie tout juste de son opération, je terminais de mettre au propre ces quelques notes résumées, sorties d'un bouquin que mon affreux psy m'avait prêté : « Figures du Handicap » de Simone Korff Sausse. Le sujet ? Comprendre le handicap à travers des mythes, des personnages réels ou fictifs souvent (mal) connus.. et ce qu'il faut en retirer pour entourer et vivre au mieux avec tout ça. Et surtout quelques réponses lues qui me confortent dans le chemin déjà parcouru.

 

Moi, perso j'étais prête à le lire, j'avais déjà mené un certain nombre de ces réflexions. En voici un mini-condensé de ce que moi j'en garde et que j'ai envie de partager.

 

 

 

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Le mythe de Médusa : L'une des 3 gorgonnes. Figer la situation d'une personne handicapée relève de l'immobilisme. L'avenir n'existe plus dans ce cas car le temps l'a arrêté. Les possibles, reflétés par le miroir, sont amenuisés par les bris dans les reflets.

La personne handicapée est comme un étranger et subit le rejet et l'exclusion.

 

Oedipe :

Quel est le pire ? Découvrir qu'il a tué son père ou comprendre que ses parents ont souhaité l'infanticide parce qu'il était né handicapé ? Il faut parler au handicapé de son handicap : se taire ne le protégera pas. Il souhaite lui aussi ne pas être né et retourne au Mont Citheron là où il avait été exposé pour y être sacrifié. Mais c'est un échec, il devra vivre tel qu'il est.

 

Joe Bousquet :

Il exprime l'idée qu'en cas de handicap, la transmission doit être empêchée. La mutilation de la blessure vécue comme une humiliation provoque un dédoublement entre la personne d'avant et celle d'après. L'une est morte tandis que l'autre naissait. Je ne crois pas aux hasards, mais au Destin.

 

Un diagnostic est comme une accusation : il ne déculpabilise pas. La personne handicapée est une survivante, une personne rescapée. Pour les parents, leur capacité à être parent est interrogée : assumer dans la marginalité ou tuer l'enfant qui ramène à la pensée d'une conception à caractère fautif.

 

La notion de monstruosité explique l'association à des désordres générationnels / zoophilie / mutilations.

Leur sexualité est vue soit pré génitale, soit à versant sado masochiste (dans un rôle de victime).

 

Par rapport à l'enfant handicapé, il y a cette inévitable relation fusionnelle dont il faut parvenir à se dégager. Cet enfant (cette personne) est l'unique représentant(e) de son espèce, non conforme au modèle humain. Certains choisissent de mettre en avant ce qui aurait provoqué la tristesse et le dévouement de leur mère (Toulouse Lautrec ou Priape), l'éloignement et le rejet du père, leur séparation, la honte de la famille.

 

Donner à voir pour mieux masquer ce qui manque. Parler beaucoup, en utilisant des associations inattendues, des phrases hachées, des onomatopées... style qui évoque la défense maniaque (lutte contre la dépression) qui ramène à l'hypothèse d'une dissimulation. Montrer, oui. Mais surtout pas l'essentiel.

 

Richard III de Shakespeare : s'agit-il d'être handicapé ou d'avoir un handicap ? Acceptation pasive ou position revendiquée et jubilatoire ?

 

Le vilain petit canard : accueillir un enfant handicapé au sein des autres « normaux » accentue son isolement et sa solitude. Mais à l'inverse, l'accueil collectif de plusieurs enfant handicapés réduit ce risque et favorise l'adaptation.

 

Le combat est le même pour les parents d'enfants précoces ou surdoués. Narcisse ou bien encore le vilain petit canard renaissent au moment où ils veulent mourir. L'un devient une nouvelle espèce, l'autre voit son image pour la première fois magnifique. Le miroir implique toujours un au delà. Attention au syndrome de Méduse aussi.

 

 

Conclusion (à mon sens) : ne pas nier, ne pas non plus revendiquer, mais ne pas banaliser. Ne pas culpabiliser ni faire culpabiliser non plus (du côté parent comme du côté de l'enfant handicapé, ou encore du côté de la "société"). Pendant ce temps, j'avance, ils avancent, nous avançons.

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