Le pourquoi du comment... en 2 slams

Publié le par Maman louve (LaSeve)

Comment expliquer ce que je fiche par ici ? Je me suis dit qu'il fallait commencer par un bref historique. Alors puisque j'ai déjà écrit des textes sur cela (je crois beaucoup à la vertu thérapeuthique de l'écriture), je préfère partager ces deux slams :

 

1er slam pour 1er enfant   ( LaSeve  13/05/10)

Que me disent tes yeux lorsque tes mots ne sortent pas ?
As tu certitude au moins que tu peux compter sur moi ?
Pas de plan d'avenir sans promesse de mon soutien,
de mon écoute et de mon amour en écho au tien.
Maman louve grandit et elle apprend petit à petit.
A décoder tes gestes , tes mots et tes non dits.

Que te dis mon cœur que tu ne saurais déjà ?
Que ta naissance c'est un morceau arraché de moi ?
Devenue maman un jeudi soir pluvieux et froid. Et toi, te voilà.
J'ai vécu la tornade de ta venue avec tant d'effroi.
Puis de culpabilité en émois, peu à peu j'ai eu moins froid.

Et tous ces jours et ces couloirs parcourus de long en large
parce que petite Noa avait besoin de moi...
Impensable qu'un jour je réussisse à la tourner, cette page là.

Ce jeudi là ; dernier 6 janvier du siècle dernier
tu as quitté ta bulle d'eau pour une bulle d'air chaud,
puis, abandonnée à la lumière, tu en as mobilisé des âmes du haut de ton petit kilo.

Je pense encore souvent à la douceur de cette voix, venue d'à côté,
venue m'annoncer, qu'il fallait « aller te chercher » !

Comment ? Moi maman ? On zappe le temps de s y préparer,
juste le temps de me droguer et d un trait de scalpel, celui de te sauver.
« Madame » elle a dit, « on va au bloc, sinon vous la perdez ».

Paradoxe de la violence de l'annonce et de l’extrême tendresse de l annonceuse.
Peur singulière en contradiction à une joie lointaine de t'accueillir.
A peine 7 mois que je te couvais. Personne ne t'as vu venir.

Et telles des inconnues, on nous a « présentées »,
Dans ce dédale de fils, d'alarmes , d'univers aseptisé
j'ai dû apprendre les soins, l'angoisse , le stress...
j'étais devenue maman, et on allait s apprivoiser.

A 200bpm c' est ton petit cœur qui m a adopté.
38 petits centimètres de volonté.

Ça fait dix ans, c’était hier
et il m'aura fallu tout ce temps pour être un peu moins amère.
Petit louveteau qui me rend fière . Pour toi Noa-Noa, ma métisse :
voici ce slam en mots d'amour. Ceux de ta mère.

Et puis comme ça n'a pas fait que s'améliorer, est venu s'ajouter à l'histoire, son petit frère Teiva, à qui je dédie ce second texte écrit il ya qq semaines en arrière...

 

 

 

L'annonce (LaSeve / octobre 2011)

J'voudrais raconter c'que ça fait
Expliquer c'qui est pire qu'une fracture
Quand j'me rends compte que l'imparfait
Je le conjuguerai toujours au futur

Bien sûr que nous sommes faillibles
Faits de passé et de pardons
de bons coups durs et d'abandons
Mais si ça atteint votre propre sang
Que l'on s'en prend à vos enfants
A coup sûr là c'est juste horrible

Et c'est l'annonce, celle qu'on redoute
Celle qui m'enfonce vers la banqueroute
Celle par qui je renonce, j'en perds même ma route
Je suis cette mère célébrant l'absoute
Un nouveau deuil à faire et quoi qu'il m'en coûte
Le temps fera de cet écueil mon but, ma prochaine joute

A tous ceux qui jugeront, je vais vous dire « tant pis »
Et à ceux qui m'épauleront, d'ores et déjà « merci » 
L'injuste et l'inconcevable ont pris mes enfants
Leurs imparfaits seront mon futur à présent.

Pardon d'être si grave en ce joli rassemblement
Mais c'est ici que j'puise ma force tout simplement
Je suis mère de deux enfants que l'on dit « différents »
« Handicapés » le mot est trop dur pour le moment

J'voulais juste vous dire c'que ça m'fait
Vous dire ma nouvelle fracture
Quand j'me rends compte que l'imparfait
Je le conjuguerai toujours au futur

 

 

Voilà. C'est le pourquoi du comment. En deux slams. Biz.

Publié dans Mes louveteaux

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article