Après l'action, les réactions... Besoin d'une pause.

Publié le par Maman louve (LaSeve)

 

Désolée par avance, c'est long et peut être compliqué à suivre je ne m'en rends pas compte... Mais comme je lis ces jours-ci, je réfléchis (merci mon psy), donc j'écris.... Après l'action, enfin les réactions après toutes ces semaines à vif.

 

 

Deux enfants : l'aînée confrontée à l'adaptation, le cadet à la réadaptation (processus de normalisation réservé aux « individus présentant des différences »). La question centrale que je me pose pour chacun : l'intégration sous toutes ses coutures (personnelle, sociale, professionnelle... avec en toile de fond la question du degré de l'autonomie). Une handicapée déficiente intellectuelle et un inadapté à troubles envahissants du comportement (ou du développement c'est comme on veut). Joli palmarès.

 

Voici donc encore une fois l'histoire d'une déclaration de guerre faite à l'injustice, l'impensable, la blessure la plus profonde que j'ai pu ressentir de toute ma vie, les entailles de ma peau de mère. Être reconnue parent en est certainement la première bataille : trop souvent je ressens la méchanceté des autres enfants envers les miens, l'incompréhension, la méconnaissance voire même le choix de l'ignorance de la part de leurs parents. C'est vrai quoi, c'est tellement plus facile de ne pas chercher à savoir ou à comprendre. La différence a toujours fait peur, j'ai cru nager parfois au sein des collabos nazis et de leur immonde vérité. Merci tout de même à la loi sur le handicap de 2005 qui a redonné une vraie place aux parents.

 

Alors comme une guerre de tranchée, longue, jouant sur l'épuisement de l'ennemi, sur l’expérimentation de toues sortes de stratégies, voici mon témoignage. L'histoire de mes étoiles et de leurs trajectoires. L'état des lieux de leurs situations respectives, chacun ayant rejoint un I.M.E. (Institut Médico Educatif) au cours de cette année scolaire qui se termine enfin. Teiva en mars puis Noa en avril. Ça me fait penser tout à coup que ça doit être normal cette grosse fatigue que je ressens arrivée à fin juin... La digestion est longue pour maman louve.

 

Faire entrer son enfant en institut spécialisé est à la fois faire un choix (peut être même un choix de vie entière) en espérant trouver là-bas le projet centré et objectif qui saura respecter mon enfant dans sa personnalité, son individualité. Mais c'est aussi définitivement dépendre d'une forme d'assistance (médico-sociale, éducative etc...) qui ne fait que confirmer justement ce besoin d'assistanat. Et ma culpabilité qui va de cette mère pour toujours incapable d'avoir un enfant « normal » à cette mère incapable de les « protéger » de tout. La « société » peut donc aider en prenant en charge, c'est justement ce dont chacun de mes louveteaux va devoir apprendre à se passer au maximum une fois adulte.

 

Je me pose pour Noa déjà tant de questions. Elle a 12 ans passés, une innocence d'enfant dans un corps de femme. J'arrive à envisager des questions « pratiques » pour son avenir (emploi en milieu protégé ou pas ? Capacité de ma belle à gérer sa vie et donc mise sous curatelle / tutelle ou pas ?), mais d'autres questions m'effraient bien plus : aura-t-elle la chance de rencontrer quelqu'un de bien qui saura l'aimer ? Elle veut des enfants, et même si elle commence à s'intéresser à la question (menstruations oblige!), pourra-t-elle devenir maman tant physiquement que socialement ? J'essaie de lui apprendre que son corps lui appartient et qu'elle seule devra faire ses choix, sa future sexualité m'angoisse terriblement. Tellement de témoignages de jeunes filles dans sa situation qui ont été abusées... C'est déjà si difficile d'être une jeune fille aujourd'hui, encore plus pour ma louloute. Et son innocence, sa naturelle gentillesse, sa curiosité, sa capacité à s'émerveiller et à rire de tant de choses dont les jeunes filles de son âge sont déjà si éloignées... Noa ne voit pas le mal très souvent. Elle a appris inconsciemment à se protéger des moqueries des autres à l'école en faisant semblant de ne pas les entendre ou comprendre. Mais si elle fait un jour de mauvaises rencontres (ce qui nous arrive à tous), elle ne saura pas se défendre je le sais. Comment la protéger ? Rien que de la laisser aller prendre le bus de ramassage seule m'a demandé un de ces courages... Je passe devant l'arrêt 30 minutes plus tard pour m'assurer qu'elle est bien partie ! On ne se refait pas !

 

Pour Teiva, c'est l'inverse : des questionnements en contradiction complète avec ceux qui concernent sa soeur. Je le sens plus à même d'être autonome adulte, je l'imagine un peu la protéger plus tard ...Et pourtant ? Je redoute le jour où on nous proposera un retour partiel ou total à une scolarité ordinaire. Il en a le potentiel intellectuel (je n'en ai jamais douté) et d'ici quelque temps, je ne serai pas surprise qu'on nous en parle. Il a tellement souffert de l'école maternelle que je suis dans l'impossibilité de me résoudre à le remettre en classe pour le moment. Même ailleurs. Même accompagné et sécurisé. Je ne pourrais pas l'y protéger c'est un sentiment de profonde impuissance qui m'est insupportable. Il a tellement progressé mon petit homme : il parle de mieux en mieux et ne va pas tarder à avoir plus de vocabulaire que Noa. Il semble moins gêné par le fait de savoir faire certaines choses mieux que sa sœur, notamment au niveau moteur où il est très performant. Il accepte enfin de grandir et comprend chaque jour un peu plus ses difficultés, ses blocages et par la même occasion il apprend à comprendre et gérer les frustrations qui en découlent. Il a bien intégré le fait qu'effectivement la Ritaline pour lui a été une victoire à expérimenter, moi maman je suis toujours sous le coup de massue : donner des amphétamines à un petit bouchon de 6 ans pour que ça l'aide à se concentrer, ça reste déconcertant, mais il va bien.

 

Alors en attendant de préparer en douceur les rentrées de septembre pour chacun d'eux, cet été sera centré sur la famille. Celle de maman louve et de ses louveteaux, mais aussi celle recomposée avec mon homme et ses deux mini-moi ! Ça devrait swinguer un peu à la maison, ce sera nos premières vraies vacances de famille recomposée... Avec des activités poney, danse, vélo, piscine, basket, tennis ou foot etc... et aussi une nouvelle peinture pour la chambre de mon ado de fille ! Encore un peu de rose, mais qui pâlit au fur et à mesure des années, avec des motifs « fashion »... sur fond gris et blanc choisi par la demoiselle... Adieu les Dora, les Hello Kitty... bonjour Paris, la Tour Eiffel et la mode... tout un programme !

Publié dans Mes louveteaux

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